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Une découverte providentielle
La découverte de l’oppidum de Gaujac remonte à 1963. Cette année là, Jean Charmasson, archéologue bénévole, parcourait les débris rejetés par une exploitation de carrière de grès en activité dans les années 1950 sur la colline de Saint-Vincent à l’ouest du village de Gaujac. Il remarqua, parmi les éclats de roche, un certain nombre de tessons de céramique antique qu’il put dater. Les plus anciens remontaient au Ve siècle avant notre ère, les plus récents au Moyen Age. Ces fragments épars attestaient une occupation par l’homme de la hauteur de Saint-Vincent s’étendant sur près de deux millénaires. Il alerta la Direction des Antiquités de Montpellier qui lui accorda une autorisation de fouilles. C’est ainsi que commença une recherche archéologique qui devait se prolonger de 1963 à 2006. Pendant cette longue période, il travailla en étroite collaboration avec Dominique Cannaud, un passionné d’archéologie du village de Gaujac et avec la participation des membres de la SECABR, association d’histoire et d’archéologie de Bagnols-sur-Cèze (Gard). Beaucoup de découvertes épigraphiques anciennes purent ainsi être rattachées à l’oppidum de Gaujac.
Le site fut classé à l’Inventaire des Monuments Historiques en 1974.
Près de deux millénaires de présence humaine.
La première occupation de la colline Saint-Vincent date des invasions celtiques de la fin du Ve s. avant notre ère. La tribu gauloise des Samnagenses prit alors possession des bassins de la Cèze et de la Tave, deux rivières confluant avec le Rhône. Abandonné dès le début du IVe s, l’oppidum fut à nouveau habité à la fin du IIe s. avant notre ère pour répondre aux attaques des légions romaines. Rome triompha et la ville fut romanisée. Sous l’autorité du triumvir Lépide, elle fut dotée de remparts, de monuments publics de prestige, de temples, de thermes, et reçut en 43-40 avant notre ère, le titre d’oppidum latinum, c’est-à-dire de chef lieu de cité latine. Son pouvoir fut reconnu sur le territoire des deux vallées de la Cèze et de la Tave. Une série de secousses sismiques provoqua son abandon au cours de la seconde moitié du IIIe s.
Du Ve au VIIe s. l’oppidum reçut et abrita les réfugiés gallo-romains fuyant les envahisseurs barbares. Les pauvres habitations de pierre sèche qu’ils ont laissées témoignent de la misère de ces temps incertains.
Enfin, du Xe au XIIe s, des carriers et tailleurs de pierre créèrent une paroisse de quelques maisonnettes de pierre sèche, groupées autour d’une église dédiée à Sant-Vincent. Ils exploitèrent trois siècles durant, les prestigieux monuments de l’antique chef lieu. La vente des moellons, de la chaux et des blocs retaillés au marteau leur permettait de vivre modestement.
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